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L'Assemblée générale de l'UVTF a eu lieu dimanche 11 décembre à Vic en présence des représentants des 46 villes taurines françaises en faisant partie.


En préambule, Geneviève Darrieussecq, maire de Mont de Marsan et présidente de l'UVTF a défini les deux objectifs prioritaires de l'entité qu'elle préside pour 2012 : assainir l'économie pour défendre la culture et diminuer ainsi l'impact de la crise économique qui affecte l'ensemble de la société, mais aussi s'opposer aux attaques radicales qui se sont multipliées en 2011 contre la culture taurine.
"Il faut retrouver un niveau de dépenses qui permette des prix de places accessibles à toutes les familles, ce qui n'est plus le cas depuis quelques années en raison de l'augmentation constante des honoraires des figuras, à déclaré la présidente, au risque de perdre une grande partie du public le plus fidèle qui ne peut plus s'offrir un spectacle devenu trop élitiste. Le secteur professionnel doit absolument comprendre cette nécessité car les municipalités ne peuvent se permettre, dans le contexte actuel, d'assumer des pertes financières sans s'exposer à de fortes contestations. Il faut donc trouver un équilibre qui permette de préserver l'avenir de la culture taurine en France, mais aussi à chacun des acteurs d'y trouver son compte dans le cadre d'une gestion réaliste de nos arènes. Il s'agit d'un problème très délicat mais c'est le seul moyen d'assainir l'économie des ferias françaises qui aujourd'hui connaissent de sérieux problèmes".

Cette analyse partagée par toutes les arènes de première catégorie qui il y a quelques semaines avaient annoncé qu'elles demanderaient aux figuras de baisser de 20% leurs honoraires lorsqu'ils sont supérieurs à 60.000 euros, a reçu l'appui des autres arènes qui ont manifesté leur solidarité après que Gabriel Bellocq, maire de Dax, ait rappelé à chacun que si petites et grandes arènes avaient des problématiques différentes, leur intérêt commun devait l'emporter, ce qui les unit étant plus important que ce qui les différencie, et que dans ce but il était indispensable d'aider le secteur professionnel espagnol à avoir une vision plus réaliste du marché français.


En ce qui concerne la défense de la culture, après que l'Observatoire ait exposé les conséquences positives de l'inscription de la tauromachie au Patrimoine Culturel français, Guillaume François, au nom de la présidente, a déclaré un mode opératoire serait communiqué à toutes les villes taurines afin d'harmoniser les mesures de sécurité qu'il convient d emettre en place en amont de chaque spectacle afin de pouvoir ensuite, le cas échéant, disposer de bases juridiques irréfutables pour poursuivre les infractions.
A par ailleurs été évoquée la mise en place d'une force d'intervention en ligne destinée à contrer les actions de lobying des abolitionnistes.

Les autres questions ayant été abordées sont :
- la baisse de TVA à moyen terme que l'inscription rend possible en confirmant le caractère culturel de la corrida qui en l'état est taxée à 19,6% alors que le spectacle culturel bénéficie d'un taux réduit à 5,5%, voire 2,1%.
- la période d'essai de la "pique française" élaborée par Alain Bonijol et qui a reçu l'aval des professionnels après avoir été testée en 2011 dans les arènes qui l'ont souhaité (Arles, Béziers, Vic, Mont de Marsan notamment), se poursuivra en 2012 au travers d'études confiées aux vétérinaires taurins. Une décision sur son approbation défintive sera prise fin 2012.
- le bilan des analyses de cornes présenté par Gérard Bourdeau, président des vétérinaires taurins, a été qualifié de meilleur encore que l'année dernière : 90% des cornes analysées ont donné des résultats négatifs de manipulation, tandis que sur les 10% restant, les pertes de substance inexpliquées sont occasionnelles et ne motivent aucune proposition de sanction.
- deux arènes, Parentis et Roquefort, ont pour leur part porté plainte devant l'UVTF contre le novillero Victor Barrió et son apoderado Pablo González auxquels il est reproché d'avoir présenté deux certificats médicaux et toréé le lendemain de ces deux courses pour lesquelles il avait déclaré forfait : à Parentis Barrió était annoncé le 6 août face aux novillos de Murteira Grave et Roquefort il devait combattre les novillos de Fidel San Roman le 14. Un blâme a été voté à l'unanimité contre le novillero et son apoderado, ce qui devrait entraîner son absence de toutes les arènes appartenant à l'UVTF l'an prochain.

Enfin, après ce vote, plusieurs voix se sont élevées pour demander à la présidente de mettre au voix un blâme à l'encontre de Sébastien Castella pour ses déclarations de Quito où il avait déclaré que la mise à mort n'était pas l'élément fondamental du spectacle taurin. Après une discussion tendue, le représentant de Béziers défendant son concitoyen* tandis que divers représentants de petites arènes appeaient à la sanction, Guillaume François a ramené le calme en proposant d'écrire au torero en lui demandant de rectifier ses déclarations.

Après approbation des bilans moraux (unanimité) et financier (majorité moins deux abstentions) il a été décidé que la prochaine assemblée générale aurait lieu à Céret.

(sur site web de Terres taurines)

* NOTE DU TAURE ROGE : Étonnante, pour ne pas dire plus, la position du représentant de notre ville, vis à vis de l'attitude et la déclaration de Sébastien Castella.Si combattre sans mise à mort, puis ensuite faire ce type de déclaration ne mérite pas un blâme, il ne reste plus qu'à tirer l'échelle de l'éthique tauromachique... Car si "la mise à mort n'est pas un élément fondamental du spectacle taurin" elle en fait partie intégrante (le moment de vérité) au même titre que les autres tiers, et certainement un peu plus. C'est en effet l'aboutissement de toute la "philosophie" de ce combat entre bravoure de l'un et courage esthétique de l'autre...