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EMMANUELLE BOILLOT  Mis à jour le 19/04/2014, 11 h 02
Les arènes de Béziers sont actuellement au coeur de luttes d'influence.
Les arènes de Béziers sont actuellement au coeur de luttes d'influence. (PIERRE SALIBA)

Les arènes de Béziers. Entre intrigue et passion, argent et pouvoir, toute une base d'éléments pour écrire un scénario de roman.

Passion trahison, intrigues, argent, pouvoir... Tous ces ingrédients sont réunis autour des arènes biterroises depuis longtemps. Un scénario pourrait même en être tiré pour une bonne fiction dramatique à la biterroise. Sauf que les protagonistes sont bien réels et que c’est du devenir de ce haut lieu du patrimoine de la ville dont il est question depuis le début de l’année.
À la fin du mois de janvier dernier, Robert Margé, l’empresa des arènes depuis 1996, a lancé une opération pour devenir actionnaire majoritaire de la Société des Arènes, avec un groupe d’amis. Aussitôt, Henri Fabre-Luce, descendant de Castelbon-de-Beauxhostes, est monté au créneau pour s’y opposer (Midi Libre du 18 mars). Début avril, ce sont deux actionnaires, également non-vendeurs qui ont dénoncé les pratiques et “accointances”, selon eux, entre Christian Gaillard, président de la SA des Arènes, Robert Margé et la municipalité de Raymond Couderc. Notamment, lors des signatures de baux de sous-location entre la Ville et la Société de l’empresa. Des obligations de travaux n’auraient pas été tenues. La tentative de Robert Margé de rachat du mois de janvier, procédure qui a été mise en stand-by, ne devant que masquer de prétendues largesses sur le dos du contribuable.

La valse des empresas
Contacté par nos soins, l’ancien maire parle, lui, "de passion, de lutte d’influence, de trahison et de vengeance". Selon lui, il faut remonter à la mandature de Georges Fontès pour comprendre ce qui se trame et se joue aujourd’hui. À l’époque, c’était une association, avec notamment Max Tastavy, qui s’occupait de la tauromachie en lien avec la mairie. Le maire PS Alain Barrau y a mis fin en 1989 et a confié la gestion des corridas à Simon Casas, l’empresa de Nîmes et Robert Margé. La municipalité s’occupait des autres manifestations.

Lors de la campagne des municipales de 1995, Max Tastavy a soutenu Raymond Couderc espérant récupérer les arènes par le biais d’une régie municipale. La Feria 95 passée, le mode de gestion revient sur le devant de la scène. Et là , "de façon brutale et inattendue, la Société des Arènes, déjà présidée par Christian Gaillard, signe directement un bail avec Robert Margé, sans négocier avec la mairie". L’ancien maire poursuit : "Les choses se sont corsées et nous sommes rentrés dans une période de conflit assez dure qui a bien duré six mois." Tout le mobilier municipal a été retiré des arènes, des portes donnant sur le territoire communal ont été bloquées, il avait même été envisagé de déplacer la Feria 96 et de présenter les corridas dans des arènes portatives.

Finalement, les deux parties sont arrivées à un modus vivendi. À savoir : la Société des Arènes a signé un bail avec la Ville qui sous-loue à Robert Margé pour les spectacles taurins. Les autres représentations, culturelles ou sportives, restent à charge de la municipalité. C’est d’ailleurs pour cette raison, selon Raymond Couderc, que le loyer de Robert Margé était moins élevé : "Il n’occupe pas les arènes à temps complet. Je lui ai adressé un rappel à l’ordre lors de la reconduction du bail en 2008 pour lui signifier qu’il devait effectuer des travaux. Et il en a fait au niveau de la sécurité, de l’étanchéité des gradins ou de la couverture des loges." Ce que confirme l’intéressé également contacté par nos soins : "J’en ai fait pour près d’un million d’euros."

Des rancœurs anciennes
L’ancien maire convient : "Évidemment, il y a des gens qui ont mal vécu cet arrangement. Max Tastavy pense que je l’ai trahi puisqu’il m’avait apporté son soutien. Mais tout est transparent et je n’ai aucun regret. Globalement, Margé a beaucoup apporté à Béziers et au Biterrois. Après, il y a toujours les pisse-vinaigre et les puristes. Tastavy a même dit que les arènes de Béziers étaient des arènes de plage. C’est déplorable vu la rigueur que nous avons mise en place, notamment pour des saisies de cornes lorsque j’étais président de l’Union des villes taurines. Margé n’a pas apprécié mais j’ai tenu bon."

Attaques téléguidées
S’il ne cite pas de nom, l’empresa des arènes ne mâche pas ses mots : "Je sais d’où ça vient et cela me passe par-dessus la casquette. C’est téléguidé et c’est quatre aigris qui vomissent leur bile. J’ai de vraies valeurs universelles et familiales. J’ai dédié ma vie à la tauromachie, je suis un bosseur et j’ai un bilan. Eux, cela fait 30 ans qu’ils se trompent." Parce qu’évidemment, il y a aussi derrière tout ça, deux conceptions de la corrida qui s’opposent. Max Tastavy, et le nouvel adjoint de Robert Ménard, Benoit D’Abbadie ont une vision très “toriste” qui ne correspond pas aux cartels proposés par Robert Margé à Béziers.
Ce dernier, d’ailleurs, doit rencontrer le nouveau maire prochainement.

On y verra, alors, peut-être un peu plus clair. Surtout que d’autres noms, dont celui de Michel Bonnafé (ancien associé de Robert Margé) circulent en ville pour une éventuelle reprise des corridas.

voir aussi : http://lotaureroge.canalblog.com/archives/2014/04/07/29615128.html