logo-sud-ouestL’Union des villes taurines de France s'est réuni ce week-end. L’un des enjeux : mieux se défendre face aux attaques.

propos recueillis par AUDREY LUDWIG - 14/02/2016

Président délégué depuis deux ans de l'Union des villes taurines de France (UVTF), Alain Gaido, de Saint-Gilles dans le Gard, revient sur l'importance de la défense de la tauromachie avant l'assemblée générale qui se tiendra aujourd'hui à Eauze dans le Gers.

« Sud Ouest Dimanche ». Quel est le principal enjeu de cette réunion ?
Alain Gaido
. Le sujet important, c'est le bilan de la mise en place de la sauvegarde de la tauromachie en partenariat avec l'Observatoire national de cultures taurines (ONCT) en novembre 2014, pour nous défendre face aux animalistes radicaux.
N'avez-vous pas perdu, pour l'heure, la bataille médiatique avec les anti-taurins ?
C'est plus facile de dire du mal de quelqu'un et c'est toujours plus entendu… Ils sont en guerre, nous non. Dans les accords édités avec l'ONCT, nous avons promené une exposition qui reprend l'histoire de l'homme et du toro (1). Les écarteurs landais existent depuis 7 000 ans ! On n'a rien inventé, tout a plus de 10 000 ans. On se défend avec ça, on leur fait des procès. Si je résume, nous avons des actions historiques et culturelles pour promouvoir la tauromachie, nous organisons une défense juridique de leurs actions basées sur des mensonges et des violences et nous voulons transmettre cette culture taurine à ceux qui la connaissent mal. Nous avons attaqué il y a six ou huit mois et cette assemblée nous permettra de faire un premier point d'étape.
Vous évoquiez la défense juridique, ne pouvez-vous pas aider davantage les maires à ce niveau ?
Nous estimons les budgets du lobbying anti-taurin et leurs attaques à 3 millions d'euros par an ! Nous ne les aurons jamais. Et nous ne paierons pas des gens pour faire que ça et peser à Paris… On travaille avec ce que l'on a.
Vous êtes peu visibles au niveau national, cela ne manque-t-il pas ?
Bien sûr qu'il y aurait quelque chose à faire. La seule chose est qu'on puisse rétablir la vérité et montrer que ce ne sont pas nous les sauvages, mais eux. Cette assemblée devrait nous permettre de prendre les décisions, de voir ce qu'il faut changer pour repartir plus fort en 2016.
Vous êtes président délégué depuis deux ans, quels sont vos sujets de satisfaction ?
L'exposition dont je vous parlais et le film ont été un succès phénoménal. En deux ans, je pense aussi à cette action de défense de la corrida, en novembre 2014 avec la convention avec l'ONCT et ce plan. Je suis arrivé pour cela. On est passés à une défense active qui nous a fait sortir de notre ronron bienheureux d'aficionados…
Ce ronron bienheureux peut-il exister à nouveau un jour ?
Ah ! Oui, je suis un optimiste. Je crois que grâce aux anti-taurins, la tauromachie est devenue une action culturelle et presque philosophique. Et on ne peut continuer dans ce monde aseptisé, homogène… Plutôt que de se faire la guerre, j'aime à penser que cette façon de vivre la vie et la mort dans un même spectacle sera reconnue différemment."

Dans les Landes, 20 arènes et donc 20 villes font parties des villes taurines de France (1) Le documentaire réalisé par André Viard, président de l'Observatoire national des cultures taurines retrace l'histoire du combat entre l'homme et l'animal. Ce travail fait partie du plan triennal de défense de la tauromachie, élaboré par l'ONCT et l'UVTF pour contrebalancer le poids des associations et militants anticorridas. L'exposition et le documentaire ont été présentés à Mont-de-Marsan en novembre.