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Antonio Purroy Unanua, Professeur à l’Université de Navarre à Pamplona a animé samedi 27 février, une soirée exceptionnelle au Musée Taurin, siège de l’Union Taurine Biterroise. Spécialiste de production animale, il est l’auteur de deux livres traduits en français sur l’élevage et le comportement du toro bravo. Aficionado libre, il considère que les exigences des toreros, depuis les historiques Guerrita et Joselito Gallo, ont orienté la sélection du toro bravo par les ganaderos, vers un animal presque trop noble qui enlève progressivement l’émotion, base de l’aficion indispensable à ses yeux au maintien de la corrida dans le futur.
Pour lui, il existe et existera toujours des toreros courageux. L’objectif est de maintenir la bravoure du toro de lidia sans laquelle il n’y a pas de véritable noblesse. La sélection excessivement basée sur la recherche de la faena de muleta de près de 100 passes, a enlevé trop souvent l’émotion et malheureusement apporté l’ennui. L’émotion ne peut venir uniquement de l’expression artistique ou de l’esthétique du torero.

La remise en valeur du tercio de pique correctement exécuté, permet au public d’apprécier la bravoure du toro qui pourra aller « a mas » dans le tercio de banderilles et la faena de muleta.
Antonio Purroy regrette que la recherche du « Toro artiste » (aberration) par la lignée Juan Pedro Domecq et l’évolution des ganaderias vers la mono encaste Domecq est préjudiciable à l’intérêt de la corrida. La recherche de la vraie bravoure qui se magnifie durant toute la lidia, est la raison d’être de la corrida.
C’est le grand public qui remplit les arènes et maintient la corrida financièrement. Il ne peut être mis en cause dans la situation actuelle. C’est l’Aficion qui doit faire en sorte de lui démontrer les valeurs et la nécessité de la bravoure sans laquelle la noblesse progressivement disparaît, comme nous l’avons constaté dans trop de ganaderias qui ont dégénéré ces dernières années vers la mansedumbre.Antonio Purroy pense que l’aficion française a un grand rôle à jouer pour l’avenir de la corrida, comme il a pu le constater dans certaines ferias françaises qui mettent en valeur le tercio de piques qui ne doit pas servir à châtier abusivement le toro, mais à le préparer au combat de la muleta au cours duquel le torero pourra démontrer son courage, sa technique, son temple, indispensable, sans oublier ses expressions artistiques.

Cette soirée continua longtemps par des échanges avec les aficionados intéressés par le discours du grand aficionado Navarrais.
                                                                                                                                                                                          F.A. - UTB

201