DSC_0055Vendredi 21 octobre, seconde soirée des Journées taurines de Béziers consacrée - toujours aux Franciscains - à "l'élévage du Toro Bravo en France". Il appartenait au président de la FCTB, Michel Bousquet, de présenter les éleveurs français - Gérard Granier, Patrick Laugier président  de l'Association des éleveurs français de taureaux de combat, Marc Jalabert, Michel Gallon et Olivier Margé - venus à Béziers pour aborder ce vaste sujet animé par Francis Fabre directeur de la revue Toros.

Celui-ci retraça l'historique, souvent méconnu des aficionados, de ce toro bravo "français" dont le berceau est la terre de Camargue, terre où le taureau avait sa place depuis longtemps dans de multiples fêtes. Il était donc important de ne pas oublier qu'avant la Corrida il y a l'élévage du taureau. La première corrida de type espagnole eut lieu en 1853 à Bayonne (à St Esprit exactement) et rapidement les corridas hispanique gagnèrent le Sud du Pays : Bordeaux, Nîmes, Arles, Marseille, Béziers... Les organisateurs de spectacles dits hispano-taurins étaient la plupart du temps des éleveurs comme Joseph Yonnet, Le Pouly, Felix Robert, Durand ... Rapidement leur but fût évident : acquérir du bétail espagnol pour produire des toros de combat. Tache difficile, les éleveurs espagnols refusant de vendre vaches ou toros au delà des Pyrénées... Jusqu'aux années 1950 des ruses furent employées (passages par le Portugal) et au fil des années après l'achat par Christophe Yonnet en 1950 de l'élévage portugais Pinto Barreiros de Conchita Cintron, l'UCTL (Unión de Criadores de Toros de Lidia) se vit obligée d'assouplir son interdiction de vente du bétail espagnol aux éleveurs français... Aujourd'hui, précisait Francis Fabre, la France compte une cinquantaine de fers avec environ 10 000 têtes de bétail, si les origines Marquis de Domecq se retrouvent dans la plupart des ganaderias française on y trouve aussi du sang Conde de la Corte, Santa Coloma, Murube, Pinto Barreiros...

Puis chaque éleveur avec passion présenta son élevage. Gérard Granier pour la "Ganadería la Cruz", élevage créé en 1981 par Philippe et Joël Granier avec des vaches d'Ambroise Pouly, d'origine Cobaleda, avec un étalon Barcial. Les frères Granier ont ensuite introduit un étalon d'origine Santa Coloma. La ganaderia est située au Mas de Farinon ; première novillade en 1987 et en 1995 première corrida... 

Puis Patrick Laugier retraça l'historique de l'Association des éleveurs français de taureaux de combat dont les origines remontent à 1920. Mise en place par Ambroise Boudin, père de Pouly III sous le nom de l' Union Française des éleveurs de taureaux de combat elle regroupe alors les éléveurs de taureaux de Camargue et de corrida . En 1962, séparation des deux familles de taureaux, pour aboutir en 1968 à la création de l’Association des éleveurs français de taureaux de race espagnole présidée par Hubert Yonnet. Acte important, en janvier 1996 elle détient la gestion du Libre Généalogique de la Race Brave agréé par le Ministère de l’Agriculture, de la pêche et de l’Alimentation. Depuis 2002 l'association porte son nom actuel. Aujourd'hui elle regroupe prés d'une cinquantaine d'éleveurs de toros bravos et travaille en partenariat avec l'Union des Villes Taurines de France pour la défense de la tauromachie. Patrick Laugier possède les fers Piedras Rojas et Las Dos Hermanas avec son premier celui des Paradis. Présentation à Arles en 1999 et à Madrid en août 2014 (novillade), ce qui montre que les Toros Bravos français peuvent être reconnus par le Mundillo espagnol.

Michel Gallon rappella que son père Aimé acheta la manade Lescot en 1956 et qu'au fil du temps avec du sang  Parladé, Atanasio Fernandez, Nuñez et Domecq ils tentèrent avec son frère Jean Pierre d'obtenir de vrais toros de combat, mais c'est surtout à partir de 1999 avec un achat de pure caste Domecq (vaches et sémental) qu'ils ont reussit à s'imposer et c'est avec émotion qu'il parla du 29 août 2015, jour de leur présentation en Espagne à Ienesta. Un succès avec l'indulto du toro Odalisco et une sortie triomphale des arènes...

Puis Marc Jalabert, oncle du Torero Juan Bautista, raconta l'histoire de la famille d'Alphonse Jalabert, famille bien ancrée en Camargue qui travalla avec le marquis de Baroncelli avant d'd'acquérir le mas de la Chassagne. Avec son frère Luc, qui fût rojoneador, ils se lancèrent en 1980 avec du bétail de Pinto Barreiros et de Parlaré-Gamero Civico. Deux fers :ganaderia du Laget( 1984) et ganaderia de "La Chassagne" (1980) ont permis à la Famille Jalabert de recevoir de nombreux trophées.

Pour terminer le plus jeune des éleveurs présent Olivier Margé fût très bref, car comme il l'indiqua à juste raison "à Béziers chaque aficionados connaît l'histoire de notre famille"... Toutefois il répondit avec sincérité à ma question "avantages et inconvénients des fundas tant pour le ganadero que pour le toro et son mental dans le ruedo". C'est après réflexions et études ( 25% de toros perdus en combat au campo) en liaison avec leur vétérinaire que la famille Margé prit il y a environ deux ans la décision de la pose de fundas à leurs toros, résultats une perte tombée à 5%. Concernant les cornes du toro et compte tenu de leur composition, leur qualité n'est pas altérée par les fundas et pour que dans le ruedo le mental du taureau soit celui d'un toro bravo celles-ci sont ôtées plusieurs jours avant la corrida... Patrick Laugier, franc comme à son habitude, se déclara totalement contre la pose des fundas, les pertes de toros sont bien sûr regrettables, mais il ne faut pas toucher à la nature...
En tant que président de l'Association des éleveurs français de taureaux de combat il remercia l'aficion biterroise et sa fédération pour cette rencontre et l'appela à défendre et réclamer aux empresas  françaises le choix de Toros Bravos Français... 
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Toros et vin les 2 mamelles du Biterrois