Vendredi 31 mars, le Club Taurin Biterrois l'Aficion, son président Bernard Mula et son équipe recevaient au Domaine viticole Augé - devenant un lieu de rencontre important pour les aficionados - les deux novilleros français Tibo Garcia et Adrien Salenc. Il ne manquait qu'Andy Younés pour avoir, face à une nombreuse assistance, les trois novilleros prometteurs pour l'avenir de la tauromachie française, et pourquoi pas espagnole.

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 Il appartenait à Paul Hermé de les questionner sur leurs motivations, leur histoire, leurs projets. Deux nîmois d'origine aux parcours bien différents, mais qui se retrouvent souvent en competencia, ce qui donne un intérêt certains aux novillades, intérêt d'ailleurs que l'Aficion, ou tout du moins une partie, semblait à tort avoir oublié. Résumons en quelques lignes les propos de ces deux jeunes hommes cachant derrière leur sourires une solide détermination, bien conscients des difficultés qui les attendent... et du travail restant à accomplir.

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 C'est en Arles en 2010, qu'Adrien Salenc découvre sa passion pour la tauromachie. Après un bref séjour à l'École taurine d'Arles, il écrit une lettre en français à la Fondation El Juli où il exprime son désir de tout apprendre. Il a 13 ans et demi lorqu'il débarque - seul - à Madrid. Au bout de trois mois il parle l'espagnol ; adopté par tous il travaille et apprend tous les après-midi le dur "métier" de novillero. De toreo de salon à NSP en passant par capéas et tientas, il franchit avec succès toutes les étapes, remporte de nombreux trophées en Espagne puis passe en piqué à Captieux en juin 2016. Les arènes françaises découvrent son toreo fait de profondeur et de sobriété. Tout en étant plus élève de la Fondation du Juli il y retourne régulièrement. Toujours travailler tant le physique que le technique (capote, descabellos... jusqu'à s'imposer de banderiller régulièrement). Aujourd'ui, apoderé par Angel Gomez Escorial avec le concours du directeur des arènes de Bayonne Olivier Baratchart et le soutien de sa peña, il envisage, si tout se passe bien, de passer dans un an environ à l'étape de l'alternative.

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Tibo Garcia, émerveillé par un mano a mano de Sébastien Castella et Juan Bautista en 2009, décide de prendre le chemin des écoles taurines. D'abord Arles, puis Béziers un an, qui loin de Tarascon où il demeure, le fait aller au CFT de Nîmes où il apprend durant deux ans comment manier les trastos, et découvrir Hervé Galtier et ses practicos. Serge Alméras devient son apoderado. Un très grave accident automoble l'empechera physiquement - durant un an - de travailler sa passion. Serge Alméras, connaissant la valeur et la détermination de Tibo l'emmene durant cette longue période dans de nombreuses arènes ; ainsi le jeune novillero restera en contact avec le monde du toro et des toreros. A peine remis, avec une farouche détermination, il reprend le chemin des capeas, des tientas, des novillades... Il s'entraine régulièrement chez Juan Bautista, remporte les quelques non piquées où il figure, va régulièrement en Espagne. Si le fait que son apoderado - un véritable ami - soit un indépendant (ni empresa, ni ganaderia...) est un obstacle, cela n'empeche pas Tibo de passer en piqué en mars 2016. Il travaille un toreo qu'il veut classique, recherchant la profondeur et la sobriété, est conscient de la faiblesse de son espada et travaille à y remedier. Comme tout bon novillero arrivé à son niveau il pense à son alternative qui dépendra de son travail en 2017. Soutenu par sa peña son mental est excellent.

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Adrien et Tibo, qui se retrouvent souvent côte à côte avec Andy Younés, se réjouissent de se mesurer le samedi 1er juillet dans le ruedo Boujanais - lors de la Feria "Toros Y Campo"  - face à des Los Maños. Souhaitons leur d'être la nouvelle vague de la tauromachie française, ils en ont la capacité. Suerte y adelante !

Pour en savoir plus sur Tibo, Adrien et Andy Toromag de mars 2017 et Planète Corrida d'avril.

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