affiche-riz2017« La Goyesque d’Arles »

Longtemps, en évoquant la Goyesque, c’est à celle de Ronda que l’on se référait, et le souvenir d’Antonio Ordoñez illuminait les mémoires. Depuis près de quinze ans, la Goyesque dont on parle beaucoup est celle d’Arles, à laquelle les deux millénaires d’histoire de l’amphithéâtre offrent un cadre somptueux, habité chaque année par des créateurs et des interprètes de l’art lyrique.
Trait d’union entre les deux lieux, Cayetano, le petit-fils d’Ordoñez et fils de Paquirri qui avait fait vœu de ne toréer en habit goyesque qu’à Ronda, se présentera cette année à Arles aux côtés du Juli, incontestable numéro un actuel, et de Juan Bautista, dont le toreo solennel a imprimé à jamais sa marque entre les vieilles pierres.
Les toros de Domingo Hernandez, seront les adversaires retenus pour le plus grand événement de la temporada française.

Miura, «175 ans de Légende». Le toro de Miura est different à divers titres.

Par sa longévité d’abord : 175 ans, entre les mains d’une même famille, représentée aujourd’hui par sa sixième génération ; par son caractère ensuite : alors que toutes les autres ganaderias cherchent à élever le toro le plus apte possible au toreo moderne, chez Miura on cultive le côté archaïque d’une race aujourd’hui unique et que la famille est la seule à préserver. Dur à toréer, le toro de Miura est l’antithèse du toro « artiste ». Ses qualités sont ses défauts, à savoir la dureté de caractère et de pattes, l’instinct de chasse et les mauvaises intentions. Loin d’être un collaborateur complaisant, il est un adversaire redoutable. Les toreros en cauchemardent mais le public adore. Dans la longue liste de leurs victimes, les toros de Miura ont inscrit des toreros de renom, dont bien sûr le mythique Manolete à Linares, mais aussi des inconnus, des subalternes, un puntillero et même un vendeur de boissons.

Dernière singularité des toros de Miura, leur physique est conforme à leur caractère : hauts et longs, redoutablement armés, aussi fins que des lévriers mais pesant plus que tous les autres. Pourtant, malgré tout ce qui précède, sortent aussi des toros de Miura de grande qualité. Arles a toujours eu la chance d’assister à de grandes faenas face à eux. L’émotion qui découle des triomphes qu’ils occasionnent s’explique par le fait que le public passe en un instant du drame possible à l’apothéose improbable, du chaos à l’harmonie.
C’est le grand retour de Miura à Arles à l’occasion du 175ème anniversaire de leur élevage.

Rafaelillo, un artiste à la vocation contrariée qui a triomphé en changeant de registre. Ses triomphes face aux toros de Miura, à Séville, Madrid ou Béziers, en font le meilleur spécialiste de cette ganaderia. Capable d’imposer sa domination ou de dessiner des naturelles éternelles, Rafaelillo est un torero idéal dans le rôle du chef de lidia.
Mehdi Savalli est un surdoué auquel les aficionados tardent à rendre justice. Auteur de plusieurs excellentes faenas face aux toros de Miura à Arles ou Béziers, il pourrait intégrer les autres ferias françaises où son enthousiasme et son charisme tout au long des trois tiers séduiraient d’autres aficionados.
En venant se mesurer aux Miuras à Arles après ceux de Madrid et de Pampelune, Ruben Pinar met ses pas dans ceux de Rafaelillo. Torero engagé et élégant, il apparaît comme un des meilleurs espoirs de relève.