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Les conférences-débats organisées par le club taurin l'Aficion de Béziers soit au Domaine viticole Augé à Boujan, soit à la brasserie "Le coup de coeur" remportent toujours un vif succés. Ce fût le cas vendredi 15 mars en soirée à Boujan pour recevoir deux "mozos de espadas" : le Biterrois Philippe Gourou et le Nîmois Alain Mailhan. En préambule, le président du club, Bernard Mula, appelait l'auditore à se rendre dimanche 24 mars aux arènes de Béziers pour le Gala taurin du CTPR El Mundillo. Gala dont des affiches ont été tagées par des anti-corrida dans plusieurs vitrines de commerces de Béziers. Ces actes liberticides et d'autres contre la tauromachie deviennent de plus en plus insupportables... il faudra bien que les aficionados et les pouvoirs publics trouvent rapidement des solutions pour y mettre un terme.

aficion4Alain Mailhan                               Paul Hermé                         Philippe Gourou

Paul Hermé, habitué de la chose, entama un "dialogue-questions" avec les deux invités sur les rôles et fonctions du mozo de espadas, en français valet d'épées, homme de confiance du matador (ou du novillero) sachant tout faire ; intermittent du spectacle en France, CDD en Espagne.
 Alain Mailhan, pompier, passionné de corridas, grâce à des amis au sein du Mundillo est passé par la fonction d'ayuda - il fut longtemps celui de Denis Loré - secondant son mozo de espadas. Philippe Gourou, employé à la Ville de Béziers, comme beaucoup de mozos, profite de ses week-end, congés, RTT... depuis 1994 pour accomplir les multiples tâches nécessaires aux toreros avant, pendant et après la corrida. C'est Robert Margé qui en 1994 lui a permis de devenir mozo.

Pour les deux invités ayant servi et servant encore les plus grands toreros, et aussi des moindres, il faut pour exercer leur fonction, être polyvalent, patient, exigeant, savoir anticiper et résoudre toutes les situations afin de dégager de tous soucis l'homme qui va jouer sa vie face au toro. Avant comme après la corrida la liste des taches est longue, pour ne pas écrire sans fin, concernant non seulement le matador mais la cuadrilla, ceci avec le concours de l'ayuda.

Avant le paseo : planning, contrats, administration, réservations d'hotels, d'avions et voitures, trajets... un rôle proche d'un(e) secrétaire de direction ; participer au sorteo, préparer l'habit de lumières, puis habiller le matador, éloigner les admirateurs, préparer et vérifier les capotes, muletas, épées... Des taches accomplies avec la confiance totale du torero se traduisant par l'utilisation de la carte de crédit de celui-ci. 

Durant la corrida, présent dans le callejon, dans un climat de tension rester serein, attentif pour présenter au lidiador dans l'ordre et au bon moment, capote, muleta, timballe d'eau, épee d'aluminium, puis celle de muerte, éventuellement le verdugo pour le descabello... Et à la fin, tout plier, quitter rapidement le callejon, rejoindre la voiture pour l'hôtel afin d'aider le matador à se déshabiller, nettoyer, laver, éventuellement recoudre les habits, sans oublier capotes et muletas. Puis le Mozo de espadas devient l'administrateur réglant l'hotel, les restaurants, éventuellement des membres de la cuadrilla engagés localement et repartir à nouveau....

De nombreuses anecdotes et souvenirs ont egrené la soirée, les habitudes et besoins de certains, les superstitions des autres ; comment nettoyer et secher rapidement un habit de lumières, comment se placer dans le callejon...

Après les avoir écouté, l'aficionado peut penser à juste titre, que ces hommes de l'ombre - indispensables pour le torero et sa cuadrilla - ne ne puissent être au paseo... sans eux la corrida n'existerait plus.

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