2009 E castella bautista marge hombros
Qui finalement sortira à "hombros" en 2020 / 21 *

Avec cette interview publiée par ML la "bataille" des arènes de Béziers est ouverte. Sébastien Castella met ainsi ses troupes en ordre de combat. Il y a de fortes chances qu'il en sera de même pour d'autres candidats. Tout le monde pense naturellement à Juan Bautista. Il y a de fortes chances que Castella avec ses associés  (mon parrain et mon témoin) a pris de sérieux contacts avec la Société des Arènes ; voire avec le maire de Béziers. Souhaitons que celui-ci et les membres de la Commission taurine extra municipale de Béziers se souviennent de l'article 9 et de la ligne a) : "La C.T.E.M aura pour attribution principale : a) de conseiller le Maire pour tout ce qui concerne les affaires taurines,". Car si les arènes du Plateau de Valras relèvent bien du droit privé, la municipalité a aussi en matière tauromachique et administrative son mot à dire. L'enjeu est donc de taille pour le maintien et le développement de la Tauromachie à Béziers...

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Le matador biterrois va postuler pour prendre la direction des arènes en 2021.

Sébastien Castella veut devenir impresario des arènes. Il dévoile pour la première fois son projet et ses envies.

Pourquoi postuler maintenant comme impresario à Béziers ?
J’ai décidé que mon avenir passerait par la direction de mes arènes. C’est un devoir moral envers mon aficion et ma ville. Tout au long de ma carrière, je me suis attaché à développer des projets taurins très importants dans les arènes du monde et, notamment, les solos comme pour Haïti. Aujourd’hui, j’ai la maturité et l’expérience pour me lancer dans cette aventure qui me passionne : prendre la direction de mes arènes en 2021 à la fin du bail actuel. Je veux redonner à ma Feria tout son prestige.

Pourtant, certains vous imaginaient à Nîmes avec votre apoderado…
Ces rumeurs étaient infondées. Nîmes sont les arènes de Simon Casas, le meilleur producteur au monde. Ma volonté est de devenir le principal décideur du projet dans lequel je m’engage. La question ne s’est jamais posée. Mon envie et mon devoir sont de rendre à mon aficion tout ce qu’elle m’a donné. Pour ma première expérience d’impresario, il est naturel qu’elle se fasse dans ma ville.

Vous avez souligné la perte de public à Béziers. Comment l’expliquez-vous ?
La crise économique et l’évolution sociétale ont impacté la fréquentation, tout comme la psychose des attentats. Mes propos n’étaient surtout pas critiques envers Robert Margé qui a toujours fait les choses parfaitement à Béziers. Il a longtemps organisé de grandes ferias. Aujourd’hui, de nouvelles idées pourraient insuffler une nouvelle dynamique aux arènes.

Quelle serait votre ligne de conduite comme impresario ?
Je me suis nourri des rencontres avec les plus grands professionnels taurins et des dirigeants d’horizon divers tout au long de ma carrière. J’ai la conviction que lorsqu’on veut développer une entreprise sur la durée, il faut avoir une vision à long terme. Et accepter que, les premières années, il faille investir sans gagner d’argent. Je peux me le permettre puisque je mènerai de pair ma carrière de torero.

Diriger une entreprise ne se limite pas à confectionner des cartels…
Je peux m’appuyer sur une expérience unique pour un torero français. Je torée depuis vingt ans dans les plus grandes ferias du monde et j’ai gagné le respect de tous les professionnels. Je sais comment ils travaillent et que je dois m’entourer des meilleures compétences pour la gestion, la communication et avoir un marketing moderne et digital pour relancer la fréquentation. J’ai également plein d’idées pour développer la qualité et la créativité des cartels. Je suis convaincu que mon expérience, mon envie et mon investissement permettront de redonner tout son prestige à la Feria de Béziers.

Le mundillo biterrois évoque un projet avec la famille Margé. Quels seront vos associés?
Seule certitude, je serai le leader et le patron de ce projet. Celui qui décide de la programmation et des choix stratégiques. Quand tous les détails seront finalisés, vous comprendrez que je présenterai d’abord ce projet et mes associés au maire et aux propriétaires des arènes. Le 12 août 2000, je suis devenu matador de toros à Béziers. Je veux prendre mon alternative d’impresario en 2021. En temps voulu, je dévoilerai mon parrain et mon témoin pour cette nouvelle étape.

D’autres candidats potentiels ont la faveur de nombreux aficionados estimant que vous restez trop éloigné de votre ville…
Le grand public et mon aficion oublient trop souvent que je suis parti de Béziers pour devenir star de la tauromachie et marquer l’histoire. J’ai décidé de sacrifier ma vie pour cet objectif. J’ai un respect immense pour le maestro Nimeño II qui est rentré dans toutes les ferias. Je le mets sur un piédestal. Tous les toreros français actuels sont redevables des anciens (Alain Montcouquiol, Casas, Milian, Loré, Meca…) qui nous ont permis de faire carrière. Mais je suis le seul à m’être imposé dans la durée au-delà de nos frontières : en Espagne, au Mexique et en Amérique latine.

Vous avez en effet émigré à Séville dès votre adolescence…
J’ai sacrifié mon enfance et ma vie de famille. Pour devenir torero, je me suis également joué la vie et surmonté de nombreuses blessures. Une fois au sommet, ces sacrifices continuent. Depuis presque 15 ans, je torée 70 corridas par an en moyenne et j’enchaîne les temporadas sans pause entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Je ne passe pas le temps que je voudrais avec mon épouse et mes deux filles. Je sacrifie du temps dans ma vie de famille et je ne suis pas à Béziers autant que je le voudrais. Tu ne peux jamais te relâcher sinon c’est le début de la fin. Je sais que mon aficion aurait aimé plus. Mais je fais rayonner Béziers à travers le monde et j’espère participer à son prestige. Je l’ai toujours dit : je suis Français et Biterrois.

Cette année, vous allez beaucoup toréer en France…
Je suis le plus heureux des hommes quand je fais un paseo en France, même dans un village où j’ai la même motivation qu’à Madrid. Ainsi, je voulais participer à l’inauguration des nouvelles arènes de Lunel. C’est important pour notre tauromachie. De même, je suis toujours touché par le soutien des aficionados biterrois qui me suivent en Espagne et même en Colombie. Je tiens à remercier tous les clubs taurins de Béziers qui m’ont énormément soutenu depuis mes débuts. Je pense notamment à la peña Oliva qui m’a offert mes premières tientas au Portugal et en Espagne. Mais aussi, je ne veux surtout pas oublier l’Union taurine, le Cercle taurin et la peña Castella qui m’ont offert des vaches et des “Camargue” pour leurs manifestations. Désormais, c’est à mon tour d’aider tous ces passionnés et même l’école taurine que j’ai rencontrée récemment.

De nombreux aficionados parient que Juan Bautista va également se présenter à la direction des arènes. Votre réaction ?
Le soleil se lève pour tout le monde. Je redirai juste qu’il faut faire preuve de respect. Ce sujet est parti de Nîmes. La catégorie qu’a donnée Simon Casas à ces arènes doit se respecter. J’estime aussi que c’est un devoir envers ma ville de redonner son lustre à la Feria de Béziers. J’ai envie de porter ce projet et je suis convaincu que j’y prendrai du plaisir. C’est une continuité professionnelle, je vais m’attacher à être plus présent sur Béziers, même si je vais poursuivre ma carrière de torero au plus haut niveau. Ce n’est pas un handicap. Bien au contraire. C’est un gros atout pour promouvoir la Feria et laisser libre cours à mon inspiration pour composer des cartels attrayants. Moi, je ne vais pas arrêter de toréer pour me présenter dans toutes les arènes de France. Béziers est ma grande ambition.

Midi-Libre 15/04/2019 Stefan GUIN  

*photo Bernard Rivière