POUR LA CULTURE et LA TAUROMACHIE: CONTINUONS NOTRE COMBAT !
La tauromachie vient d'être classée au patrimoine immatériel français par le ministère de la Culture. Une première, puisque la France devient ainsi le seul pays possédant une tradition taurine à entériner ce classement. Il était demandé depuis longtemps par les défenseurs de la corrida et en particulier par l'Observatoire des cultures taurines, dont l'Arlésien André Viard, ancien torero, est le président. Ce dernier s'est d'ailleurs félicité dans une déclaration publique que les représentants du ministère de la Culture se soient prononcés sur des "arguments scientifiques irréfutables pour établir que la tauromachie fait bien partie du patrimoine national".
Le même classement a été demandé dans les autres pays organisateurs de corridas, dont évidemment l'Espagne, dans le but de tenter de faire inscrire par la suite la tauromachie au patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco. (..)
2 millions de fans
La tauromachie est présente dans le grand sud de la France depuis le XVIIIe siècle, mais uniquement tolérée par dérogation dans les villes qui peuvent faire valoir une tradition taurine comme par exemple Nîmes, Arles ou Bayonne, qui organisa la première corrida en 1701. Certaines ont cependant parfois décidé d'y renoncer comme Fréjus ou Montpellier. L'année dernière, 113 corridas ont été organisées en France, soit quatre de plus qu'en 2009 et, pour la première fois de l'histoire, deux maestros français occupent le haut du classement international des toreros : le Biterrois Sébastien Castella et l'Arlésien Juan Bautista. Du côté des organisateurs de corrida, on estime que 2 millions de personnes aiment voir ces spectacles. Et que les élevages de taureaux de combat contribuent à la préservation du patrimoine naturel des marais d'Espagne ou de Camargue.(..)
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QU'EST- CE LE PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL ?
définition officielle (ministère de la Culture et UNESCO)
Nous possédons tous des objets, pas forcément précieux, mais auxquels nous tenons, parce qu'ils nous ont été transmis par nos parents ou nos aïeux. Ces objets, dont la valeur est bien souvent liée à la seule force de notre souvenir, constituent notre patrimoine matériel. Mais nous avons tous aussi dans nos mémoires des chants, des danses, des remèdes, des savoir-faire, qui nous ont été transmis par nos parents, que nous pratiquons encore, auxquels nous sommes attachés, et que nous modifions au gré des circonstances et des contextes, sans que leur essence soit transformée. Ce patrimoine là est appelé par l'UNESCO patrimoine culturel immatériel, et il fait l'objet d'une convention internationale, que la France a ratifiée en juin 2006. Le but de cette fiche est de présenter brièvement le texte de la convention de l'UNESCO, et d'exposer la manière dont elle est déclinée en France.
1) le patrimoine culturel immatériel (PCI) selon la convention de l’Unesco
La définition est donnée dans l’article 2 de la Convention, qui date de 2003. Elle contient quatre aspects importants :
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Le PCI y est défini comme "les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés".
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Ces "pratiques, représentations, expressions", doivent être reconnues par les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus qui les pratiquent ou les portent. Elles doivent leur procurer un sentiment d'identité et de continuité.
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Ces "pratiques, représentations, expressions" doivent être vivantes, "recréé[es] en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire ». Le récolement d'archives orales, type « mémoire des anciens", qui témoigne uniquement de pratiques disparues, ne peut donc être reconnu comme patrimoine culturel immatériel au sens de l'UNESCO.
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Ces "pratiques, représentations, expressions", doivent respecter les textes internationaux existants relatifs aux droits de l'homme, les principes de tolérance mutuelle entre communautés, groupes et individus, ainsi que les principes du développement durable.
Le paragraphe 2 de l’article 2 de la convention précise les domaines du PCI, tout en indiquant bien que cette liste n'est pas exhaustive. Sont considérés, entre autres, comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel :
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"les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel";
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"les arts du spectacle";
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"les pratiques sociales, rituels et événements festifs";
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"les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers";
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"les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel".
2) que signifie "sauvegarder" le PCI ?
La convention de l'UNESCO vise avant tout à sauvegarder le PCI. La sauvegarde a un sens bien précis pour l'UNESCO. Elle est définie à l'article 3 de la convention comme "les mesures visant à assurer la viabilité du patrimoine culturel immatériel, y compris l'identification, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la mise en valeur, la transmission, essentiellement par l'éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation des différents aspects de ce patrimoine". Le chapitre III est entièrement consacré à la sauvegarde du PCI. Il détaille les actions de sauvegarde, dont nous mentionnons ici juste une partie : inscription sur des inventaires; mise en valeur du PCI dans la société; encouragement des études scientifiques, techniques, de méthodes de recherche; adoption de mesures juridiques, techniques, administratives et financières pour favoriser la création d'institutions de formation à la documentation, à la gestion, ainsique qu'à la transmission de ce patrimoine; mise en place d'actions d'éducation et de sensibilisation.
3) qui met en oeuvre cette convention en France ?
Pour la France, c'est l'Etat, en collaboration avec les communautés, les groupes et les individus détenteurs de pratiques ressortissant au PCI. Le rôle des communautés des groupes et des individus est très important dans cette convention, et fait l'objet de l'article 15: "dans le cadre de ses activités de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, chaque Etat (...) s'efforce d'assurer la plus large participation possible des communautés, des groupes et, le cas échéant, des individus qui créent, entretiennent et transmettent ce patrimoine, et des les impliquer activement dans sa gestion".
4) la déclinaison concrète de la convention pour les pays :
Une inscription sur un inventaire national, puis éventuellement, au niveau de l'UNESCO, une inscription sur une des deux listes du PCI ( liste représentative ou liste de sauvegarde urgente)
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Inscription des pratiques culturelles sur l’inventaire français du PCI
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La convention de l'UNESCO requiert l'inscription du PCI sur un ou plusieurs inventaires nationaux. L'Etat a décidé de procéder à l'établissement de deux inventaires : 1° un inventaire des inventaires, qui recense l'ensemble des réalisations déjà faites sur le pci (bases de données, inventaires papier etc) et 2° un inventaire des pratiques encore existantes, établi en collaboration avec les communautés et groupes concernés.
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Inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO
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La liste représentative est une liste qui, comme son nom l'indique, pointe les manifestations représentatives du PCI pour un pays donné. La liste est établie et publiée par un comité d'experts, sur proposition des Etats concernés. Les anciens chefs d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel, qui ont déà connu trois proclamations, ont été intégrés dans cette liste. Pour la France, c'est le ministère de la culture qui a en charge l'examen des dossiers et leur transmission à l'UNESCO. En 2009, pour la France, ont été inscrits sur la liste représentative de l'UNESCO le maloya, le trait de charpente et la tapisserie d'Aubusson. Les dragons et géants processionnels de France et de Belgique, inscrits comme chefs-d'oeuvre en 2008, ont été intégrés à cette liste.
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Inscription sur la liste de sauvegarde urgente du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO
La liste de sauvegarde urgente concerne les pratiques qui sont directement et immédiatement menacées de disparition. Elle est établie et publiée par un comité d'experts. Dans les cas d'extrême urgence, le comité peut inscrire un élément du patrimoine concerné sur la liste, en consultation avec l'Etat concerné. Pour la France, c'est le ministère de la culture qui a en charge l'examen des dossiers et leur transmission à l'UNESCO.
Le patrimoine culturel immatériel selon la convention de l'UNESCO c'est donc : une définition spécifique qui exclut la stricte archive orale, un principe de sauvegarde à la signification particulière, un inventaire national obligatoire, et de manière optionnelle, une inscription soit sur la liste représentative, soit sur la liste de sauvegarde urgente.
