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LO TAURE ROGE
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  • Défendre et promouvoir la Culture et l'Art Tauromachique en OCCITANIE - Pyrénées-Méditerranée et au-delà. «Vous aimez la corrida ? Sachez la défendre ! vous n’aimez pas la corrida ? Sachez la comprendre !» - Site animé par Hugues Bousquet
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12 juin 2011

La corrida fait-elle partie de la culture française ? Le face-à-face

Journal l'Humanité - débats (10/06/2011) 

André Viard, président de l’observatoire des cultures taurines, ancien matador et Claire Starozinski, présidente de l’Alliance anticorrida et

Comment réagissez-vous à l’inscription de la corrida 
au patrimoine immatériel 
de la France, décidée par le ministère de la Culture 
et rendue publique le 22 avril dernier ? Légitime-t-elle la corrida comme un art ?

André Viard. C’est pour nous une grande satisfaction que le ministère ait fait droit à notre demande. C’est une étape supplémentaire de la reconnaissance de la corrida. Elle s’est implantée en France à la moitié du XIXe siècle, dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, le Languedoc et la Provence, terres de jeux taurins depuis le Moyen Âge, mais il a fallu un siècle pour que la loi, en 1951, la légalise dans les régions où elle est « de tradition locale ininterrompue ». Après avoir conquis son droit de cité, la corrida est désormais reconnue comme une pratique culturelle qui contribue à l’identité de douze départements du Sud-Ouest et du Sud-Est. Plus de sept cent mille personnes assistent aux corridas des grandes ferias françaises chaque année et plus de cinquante mille amateurs sont regroupés dans quelque cinq cents clubs taurins. De nombreuses publications nourrissent cette passion et la langue des aficionados, expression vivante d’une communauté, a enrichi le langage courant (bronca, banderille, feria, etc.). Le mémorandum que nous avons remis au ministère souligne toute la valeur patrimoniale de la corrida qui répond point par point aux critères édictés par l’Unesco pour inscrire une culture à son patrimoine. Le respect de l’animal, élevé en semi-liberté dans de grands pâturages, et la proximité qu’entretient avec lui l’homme qui l’affronte sont à la base de cette culture. La corrida est un spectacle régi par des règles très précises qui garantissent l’intégrité du combat. En cela, elle relève de l’éthique, parce que le taureau est tué rituellement, loyalement et en public. Mais, dans le même temps, elle relève de l’esthétique, parce que sa finalité est de créer une œuvre d’art éphémère, celle du torero qui s’empare de la matière brute qu’est la charge du taureau pour lui imposer d’entrer dans un ballet de figures conventionnelles. C’est le génie du torero qui élève le combat à la dimension artistique !

Claire Starozinski. Nous avons immédiatement, avec nos partenaires (1), exprimé, dans une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, notre consternation à voir un ministère chargé d’encourager et de soutenir l’art cautionner l’affligeant spectacle d’un animal torturé à mort dans une arène. On ne nous fera pas croire qu’il s’agit là d’une manifestation de l’esprit, d’une œuvre culturelle ! Cette inscription va à contre-courant de l’opinion publique, qui se désintéresse des corridas : depuis trois ans, leur fréquentation diminue, la dernière feria de Pâques, à Arles, a enregistré une baisse de 20 % du public. En moins d’un an d’existence, un collectif de vétérinaires hostiles à la corrida a enregistré 780 adhésions. Jusqu’aux sponsors, qui se détournent de manifestations dont la cruauté est avérée. Cinquante députés ont demandé le retrait immédiat de cette inscription « inique ». Bref, le tollé a été tel que le ministre, dans une réponse à l’Alliance écologiste indépendante, a soigneusement minimisé la portée de cette inscription en précisant qu’elle n’est « en rien une forme de reconnaissance de la part de l’État, ni de promotion ou de mise en valeur » et qu’« elle ne constitue pas la première étape d’une inscription au patrimoine immatériel » de l’Unesco. Mais, même ramenée à son insignifiance, cette décision apparaît comme un soutien au milieu tauromachique. C’est pourquoi nous demandons l’annulation de ce classement, voulu par une commission de technocrates qui méconnaissent le caractère polémique de la corrida.

La mise en scène de la mort, 
que risque le torero et qu’affronte
 le taureau, est-elle indispensable 
à l’émotion du public ?

André Viard. La mort n’est pas mise en scène, elle est le fondement du combat et la réalité de la corrida. En ce sens, la corrida est une métaphore de la vie, un des derniers spectacles réels. Plus qu’une représentation, elle est une identification : ce qui est vécu ici, c’est le triomphe de l’humain sur l’animalité, de l’ordre sur le désordre, de la lumière sur le chaos. Le moment de l’estocade est la phase suprême : dans un dernier rapprochement hautement risqué avec le taureau, le matador met en jeu sa propre vie. Pour le public comme pour le torero, c’est l’accomplissement de la corrida, l’instant où la vie triomphe de la menace mortelle du fauve et où l’art et l’intelligence l’emportent sur la force brutale. Pour le taureau, sélectionné pour sa bravoure, la mort dans l’arène est plus digne que la fin dans un abattoir.

Claire Starozinski. Permettre l’identification au torero, cultiver le danger, la pulsion de mort, le besoin de voir mourir un animal pour se sentir vivant, c’est le fond même de la corrida. L’humanité s’est civilisée en se plaçant du côté du plus faible, en cultivant le sentiment de compassion. Ici, au contraire, c’est le culte de la domination qui prévaut.

Que dites-vous à vos adversaires ?

André Viard. Vouloir éradiquer une forme de culture qu’on ne partage pas est une forme d’intolérance inacceptable. Il y a, dans les mouvements animalistes pour qui la corrida est un symbole à détruire, une dérive xénophobe. Nous dénonçons toute pression visant à annuler cette reconnaissance de la tauromachie comme une culture vivante. C’est le sens de la lettre que viennent d’adresser au ministre trente-neuf personnalités des arts et des lettres (2).

Claire Starozinski. Nous savons les uns et les autres que nos positions sont inconciliables. Nous voulons l’interdiction des corridas et nous n’accepterons pas qu’une exception locale prenne une valeur nationale. Après tout, la corrida est proscrite et considérée comme un délit sur la presque totalité du territoire.

 

(1) La SPA, la Fondation Assistance 
aux animaux, la Fondation Brigitte Bardot, 
la Ligue française pour la protection 
du cheval, l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir et 30 millions d’amis.

(2) Parmi lesquelles Éric Barbier, 
Bartolomé Bennassar, Sophie Calle,
Jean-Paul Capitani, Philippe Caubère, Jean-Paul Chambas, André Comte-Sponville,  Michel Deguy, Gérard Jugnot, Jean Lacouture, Christian Lacroix, Claude Lanzmann, 
Francis Marmande, Jean Nouvel, 
Denis Podalydès, Michel Portal, Jean-Michel Ribes, Hervé di Rosa, Francis Wolff.

Entretiens réalisés par
 Antoinette Lorenzi

Commentaires
P
Il n’a échappé à personne que nous n'apprécions pas la même tauromachie que celle incessamment mise en avant par la grande majorité des médias taurins, fussent-ils espagnols ou français. Il s’agit d’être limpide sur les termes employés. Eux écrivent "spectacle taurin" quand nous espérons assister, en toute logique nous semble-t-il, à une "corrida de toros". Cela peut paraître peu mais la différence entre les deux est abyssale car elle met en jeu et en balance <br /> les premier et deuxième tiers et met également en lumière une dichotomie de conception concernant le troisième. Le débat ne date pas d'aujourd'hui, la tauromachie a toujours suivi le cours de l’évolution de nos sociétés, de nos modes de pensée et de fonctionnement. Et elle a toujours porté en elle non pas une voix passéiste et arcboutée sur des principes rigides (ce que voudraient faire croire la soi-disant critique actuelle) mais un esprit de résistance salutaire pour ne pas que la corrida de toros devienne une singerie grotesque, malsaine et dénuée de sens. Il ne faut pas chercher bien loin pour donner les exemples de cette résistance nécessaire qui a permis tout au long du XXème siècle de sauver, parfois, les bribes qui pouvaient encore l’être.<br /> Citons, pour rester dans les références françaises, ces phrases du Tío Pepe prononcées lors d’une tertulia en 1968 à Vic-Fezensac : "Or, la lidia disparaît, parce qu’elle n’est plus nécessaire. Depuis que le toro a perdu cette bravoure sauvage, cette impétuosité fracassante qui en faisait un objet de terreur et d’admiration mêlées, il n’est plus obligatoire de le réduire : il est réduit d’avance. […] Et vous comprenez bien que si la faena est toujours la même, c’est parce que le toro aussi est toujours le même." (Les tertulias de Tío Pepe, éditions Cairn, 2009)<br /> 1968 !<br /> Le XXème siècle a formaté le toro et la lidia. Le XXIème siècle (mais le phénomène a évidemment été entamé au XXème siècle) achève d’uniformiser le grand public en globalisant ses goûts. Être de Madrid, Bilbao, Séville ou Cadalso de los Vidrios n’a plus aucun sens. Toro unique, lidia unique, public unique ! Conséquence unique : une préscience (si tant est que l’on puisse utiliser le mot de science au regard de la connaissance minimale que porte en lui le grand public) de la corrida aux antipodes de ce qu’elle porte en elle, l’inconnu. La seule préscience de la corrida est la mort !<br /> Février 2010. Atanasio est déjà enterré. Pablo Romero agonise. Pedrajas se noie peu à peu. Veragua a le teint pâle. Saltillo vivote. Jijón est devenu légende (et Montalvo va exterminer ses derniers berrendos). Les Navarrais courent encore un peu dans les rues de Navarre et d’Aragón. Concha y Sierra n’est plus qu’un musée. Et Santa Coloma s’autorégule aux longs des hivers qui passent. Ne resteront bientôt que les nobles Ana Romero élevés pour les diestros ou les sympathiques La Quinta demandés par le Juli (Le geste !). Une pointe de Flor de Jara pour relever la sauce et le reste ? Sánchez-Fabrés est sous respiration artificielle, Sánchez-Arjona a depuis longtemps anticipé en achetant du Domecq, les Dionisio ne sortent plus qu’en non piquée, Fraile n’est que l’ombre de lui-même et Hernández Pla, irrégulier mais toro-toro, crève en février 2010.<br /> Les jeunes qui entrent en afición ne connaîtront pas tous ces toros qui ont fait l’histoire de la tauromachie et qui ont également porté, avec leurs logiques irrégularités, l’esprit de résistance à sa globalisation. Ces jeunes pour lesquels certains s'inquiètent que les "extrémistes" ne leur brouillent l'esprit (en utilisant Internet pour oser donner leur avis) n'auront pas, pour le coup, l'occasion de mesurer l'intérêt de ce que nous défendons : la diversité et l'incertitude de la corrida de toros. Leur grille de lecture en sera faussée.<br /> Si meurent en si grand nombre les noms qui ont animé certaines de nos journées, l’anathème ne peut en être jeté sur cette frange de l’afición qui s’est battue et se bat parfois encore pour que la corrida de toros soit et reste une corrida de TOROS. Idéaliser (pour reprendre une critique de l'inénarrable dans un édito récent) le toro est une obligation ontologique pour l’aficionado, en fonder une critique (une fois la course achevée et dans le bon sens du terme critique) est une obligation intellectuelle.<br /> Ces élevages meurent surtout de n’être pas du goût de cette globalisation abêtissante de la tauromachie qu’incantent les nouveaux penseurs du spectacle taurin mais non de la corrida de toros. On a les cerveaux qu’on mérite !<br /> Meurent les civilisations....
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S
Quand les blés sont sous la grêle<br /> Fou qui fait le délicat<br /> Fou qui songe à ses querelles<br /> Au coeur du commun combat<br /> Celui qui croyait au ciel<br /> Celui qui n'y croyait pas
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P
"débat" inutile, entre deux êtres aussi dangereux l'un que l'autre.<br /> L'une, plus près des animaux que de la misère humaine.<br /> L'autre, ami des fachos espagnols, partisan de la corrida moderne, qui sera bientôt gommée des traditions et de l'histoire, manipulateur, procédurier, préoccupé que par son fonds de commerce.<br /> Abject
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