OUI À LA PAGE TAURINE DANS LIBÉRATION !
A Nicolas Demorand, directeur de la rédaction de Libération
Le journal Libération était pour ainsi dire le seul quotidien national à publier régulièrement une rubrique taurine écrite par Jacques Durand, ceci depuis de longues années. La rédaction du journal vient d'en décider la fin à compter du 1er juillet...
Une pétition en ligne est ouverte pour demander son maintien :http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N24507
Réagissons en la signant !
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LIBEREZ LA CORRIDA - LETTRE OUVERTE de Jean Ortiz, Maître de Conférences à l'université de Pau.
Cher monsieur Demorand (Libération),
Qu'un journal qui se veut impertinent, hors des moules et de la mondialisation, sombre dans le conformisme écolo-bobo, laisse perplexe tous ceux qui connaissent l'histoire de Libération. En supprimant la page taurine, vous venez d'amputer votre journal d'une dimension ancestrale de la culture populaire; un coup d'autant plus facile qu'il va dans le sens du poil de la bête idéologique dominante: la bien-pensance, le sentimentalisme de 4'sous, l'uniformisation rampante et totalitaire des goûts, des cultures...
Les fondateurs de Libération avaient l'ambition de libérer les cerveaux, de combattre le clonage culturel, politique... Supprimer une page taurine, écrite par la meilleure plume de la planète taurine, Jacques Durand, relève d'une capitulation devant le "politiquement correct", les lobbies "animalistes", les intégristes du "bon goût"... Ceux qui s'insurgent lorsque l'on tue un "toro" élevé exclusivement pour un rituel de combat, de courage, de recherche de la pureté essentielle, mais se taisent lorsque l'on bombarde l'Irak, ou l’Afghanistan, sont peu crédibles dans leur croisade compassionnelle.
La tauromachie fait partie du patrimoine culturel des peuples du Sud de la France, de l'Espagne, de l'Amérique latine. Elle présente certes des aspects violents, mais sur le fond, est bien moins cruelle que ces indices boursiers (CAC 40, et autres) qui révèlent l'immensité de profits réalisés violemment par quelques-uns, sur le sang et la sueur des hommes. Alors, je vous en prie, chaque chose à sa place! Et l'humain d'abord.
Vous tombez, monsieur Demorand, dans le panneau de tous ceux qui voudraient nous contraindre à ne pas voir la mort en face, à vivre dans une société aseptisée, dans une mécanique à uniformiser, à niveler, à lobotomiser, mais qui n'hésitent pas à créer des climats anxiogènes, en montant en épingle des faits divers plus sanglants que la corrida; et parfois, souvent, à traiter les hommes, les femmes, les chômeurs, les immigrés, les précaires, moins bien que les animaux.
Vous venez, monsieur Demorand, en cédant la mode du "penser comme il faut", de mutiler la culture, en coupant les mains d'un journaliste écrivain qui, à partir de la tauromachie, a atteint les sommets de l'écriture. Jacques Durand, avec modestie et élégance, a su tirer du monde des "toros" la quintessence littéraire et philosophique de l'homme, d'une plume aussi scintillante qu'un habit de lumière un jour de "faena grande". Vous ne sortirez pas par la "puerta grande", monsieur Demorand. A triompher facile, on n'en tire que peu de gloire...
Nous serons nombreux à ne plus acheter Libération, le jour des chroniques de Jacques.
Jean Ortiz,
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