Boujan : Toros y Campo, une feria qui va à mas !
Samedi 4 juin au soir : A las cinquo de la tarde, le ciel se met « càrdeno oscuro », et à 17h30, il lâche des trombes d’eau sur la piste des arènes Castelbon de Beauxhôtes, on fait semblant d’aller se renseigner, mais on sait tous qu’il n’y aura pas de miracle, c’est reporté au lendemain. La fête, elle, continue car à 19h le beau temps est revenu.
Dimanche 5 juin 11h - Don José Escolar Gil
Six novillos d’Escolar Gil, forts de trapio et de caractère, discrets de cornes, vont à nouveau enchanter un public venu voir du vrai toro. Le décalage horaire dû aux intempéries n’a en aucune façon gêné les « Escolar », tous se sont employés au cheval et tous en poussant.
Manolo Vanegas coupe une oreille au premier faisant preuve de beaucoup de technique et d’aguante, il réitère au second après s’être fait prendre sans gravité, et ouvre la grande porte.
JC Carballo timide au capote s’avère dominateur avec la muleta, de bonnes circulaires applaudies à son premier, et faena improbable sur le compliqué second excellent au cheval et qui aurait mérité une vuelta. C’est Carballo qui est récompensé à juste titre : une oreille.
Tibo Garcia ne peut rien faire devant un premier toro compliqué, revêche, encasté, calculateur, mais se rattrape devant le sixième un peu plus civilisé à qui il va servir de très belles naturelles à gauche. Petite pétition pas majoritaire, pas d’oreille mais Tibo très applaudi fait la vuelta.
A noter : Avant la course l’artiste Stéphane Daure décore magnifiquement et en direct les burladeros, faena graphique très appréciée du public mais un peu mise à mal ensuite par des toros peu amateurs de « Street art ». El Fundi accompagné de son beau-père l’éleveur José Escolar, s’est vu brinder deux toros durant ces trois jours.
Dimanche après-midi - Curé de Valverde
On les attendait ces Curés à la réputation vénéneuse et on a été servis. Maman ces toros ! Du Conde de la Corte retrouvé, des trapios de toro et des têtes, magnifiques pour les aficionados ; c.à.d. épouvantables pour les toreros.
Miguel Angel de Leon écope d’un lot où bizarrement on a mis les deux plus veletos de la course, fort heureusement il n’y a plus un seul nuage dans le ciel sinon on aurait craint qu’ils aillent les trouer et re-déclencher l’orage ! Il n’empêche c’est un orage d’émotions que l’on va avoir, il fallait s’y mettre devant et ils s‘y sont mis. De Leon se bat comme un lion avec le premier, ovation, son deuxième excellent au cheval mêne la vie dure aux banderilleros mais s’avère toréable, deux épées et un tiers de lame efficace, vuelta du torero.
Manolo Vanegas possède le bagage d’un torero d’alternative, et va nous le prouver notamment sur sa première faena où il va amener un toro impossible à mas. Hélas un pinchazo et un tiers de lame précèdent une épée efficace mais le privent d’une oreille. Vuelta. Son second très beau, lui aussi, castaño, colorado, botinero, ojo de perdiz mais surtout veleto prend deux bonnes piques, reste dur aux banderilles où Morenito d’Arles maitrise la situation, et s’avère très compliqué à la muleta. Heureusement passe après passe, Vanegas lui invente une faena et conclut par un estoconazo qui aurait mérité à lui seul les deux oreilles. Une seule pour Manolo qui a réussi son défi Boujannais.
Curro Durand se fait prendre par le retors troisième qui s’avère impossible, deux épées et un bajonazo en viendront à bout. Au dernier toro de la féria très applaudi car lui aussi magnifique, Curro va s’investir et construire une faena pour obtenir une grosse ovation du public.
Boujan vient d’affirmer cette année sa signature toriste, et a trouvé un public. Quatre belles journées templées par une météo qui tous comptes faits a profité à tout le monde, un campo de féria chaleureux où on espère se retrouver l’année prochaine.
Tierry Girard - photos Lo Taure Roge (pour les agrandir cliquer dessus)
Les différents prix décernés sont :
- Triomphateur de la Feria : Manolo Vanegas
Meilleure Faena : Manolo Vanegas
Meilleure estocade: Manolo Vanegas
Meilleur Picador : Gabin Rehabi
Meilleur banderillero : Jesús Talaván
Meilleur novillo : Le 3ème eral d’Escolar Gil (NSP du vendredi)
Révélation et coup de cœur pour : Miguel Ángel León
Coup de gueule: La musique !











