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LO TAURE ROGE
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13 septembre 2016

ARLES - LA GOYESQUE 2016 - un évènement !

goyesque-herve-hote-sept-2016

 Photo ci-dessus : Hervé Hôte/agence caméléon – site des arènes d'Arles

goyesque arles 2016

PRENEZ-EN DE LA GRAINE

A 60 ans, on va à la pêche, on colle des timbres ou on va à la rando du dimanche, mais quand on s’appelle Luis Francisco Espla non, on repeint les arènes d’Arles, on dessine l’affiche avec « Europe » emportée sur le dos de Zeus déguisé en toro, tout ça en route vers la Crête, et déguisé en pirate on va combattre et mettre à mort deux toros de 500 kilos ! C’est un autre programme, faut s’appeler Espla !
Il n’a pas banderillé ses deux toros de Zalduendo mais a toréé de façon splendide. Son premier, ne prend qu’une pique et demie et arrive compliqué car faible à la muleta ; en grand pro, Francisco le torée bien sur les deux cornes avec la musique, meilleur à gauche, adornos près des planches, la deuxième épée efficace : une oreille.

 espla

 Le deuxième toro sera plus spectaculaire, il va renverser la cavalerie, ne garder qu’une paire de banderilles sur le dos et arriver plein de gaz à la muleta. Après une très bonne entame de faena, c’est de suite que la présidence envoie la musique (au violon Paco Montalvo) et c’est sous les sanglots longs des violons de l’automne qu’on à droit à de très belles séries à gauche, puis trois de file à droite avant que le toro ne décide de mettre fin au rêve, Espla est soulevé dans les airs, retombe sur le berceau, est repris au sol, bonne dérouillée beaucoup de peur et aussi un peu de mal (côte cassée) pour le quinqua qui commentera ainsi : « c’était compris dans le contrat ». Une épée contraire, un descabello, car il s’est relevé le bougre et est allé chercher l’épée, le toro meurt mais ne se rend pas, gros applaudissements pour le TORERO .

MORANTISSIMO

Nous avons droit à un début tout en douceur pour le second de la tarde où le torero nous sert la version « Morante de la Huelga », le toro a du lui adresser un regard bizarre dès l’entame au capote, aussi les olés ne sont pas de sortie. Quelques passes prudentes, et c’est avec l’épée de mort qu’il entame la faena de muleta. C’est tout dire, deux minutes pour nous montrer les impossibilités du toro et tout le reste du temps à essayer de conclure ; 5 épées et 3 descabellos sous la bronca plus tard, le toro tombe mais le public joue le jeu lui aussi et continue dans une grosse bronca pour le torero. Aqui estamos…

 morante

Cela ne pouvait qu’aller à mas et au cinquième, Morante va refaire entrer dans l’habit Goyesque l’immense torero de la Puebla Del Rio. Il commet hélas une erreur, la seule de la lidia, celle de trop faire piquer son toro et on ne profitera pas à cent pour cent des conditions du torero sur cette faena qui aurait pu être d’anthologie, car là c’est de la grande tauromachie qui nous est servie, zapatillas abandonnées dans le sable el Morante se joue des difficultés avec un semblant de facilité déconcertant. Des passes de cartel inimaginables, avec la musique venue d’un autre temps, quelques indignés du premier toro qui continuent à vociférer, et l’autre dans un autre monde qui nous sert des passes templées au millimètre et dans un mouchoir. C’est beau ! Du grand art conclut par une épée efficace le toro tombe vite : une oreille contestée par quatre crieurs mais très majoritaire. Les « Morantistes » absents ont dû mal dormir…

JUSTE QUELQU’UN DE BIEN

Juan Bautista peut être fier de cette journée, en tant que directeur des arènes et en tant que torero. Le torero a survolé la tarde avec une tauromachie extrêmement variée, s’adaptant à toutes situations, et en transmettant beaucoup. Ce dernier point que certains mettaient en avant est maintenant indiscutable, les passes sont d’une telle sureté, le répertoire est tellement complet qu’on adhère de suite à ses faenas et qu’on espère beaucoup que l’épée ne va pas gâcher tout cela. Samedi en termes d’épées nous avons été servis, sur ses deux toros il réussit deux « récibir » dont on se souviendra longtemps dans les mas près du petit Rhône ! Il a été je pense le mieux servi au sortéo ce qui n’enlève rien à ses deux faenas, riches, complètes et rythmées.

 bautista

Premier toro : récibir foudroyant deux oreilles et la queue, et la vuelta au toro (un peu exagérée car il n’avait pas foutu grand-chose au cheval), deuxième toro : récibir électrisant : deux oreilles. L’empressa lui, a réussi son coup, cela a dû représenter un travail considérable car tout était parfait, la musique, la déco, les toros, les cartels, et il a réussi en plus à nous mettre du beau temps durant les deux jours, soleil radieux et pas un brin de vent, à Arles vous imaginez ?

Belle tarde de toros de Zalduendo, belle corrida goyesque dont Arles possède maintenant le brevet, on se souviendra longtemps des accords de guitare, du merveilleux violon, de la croix de camargue qui s’efface au fil des faenas, d’Espla, du Morante, de la sortie à hombros (Alejandro et Morante portant le papa), et du responsable de tout cela : Juan Bautista; ce type est juste quelqu’un de bien …voilà c’est dit.

texte Tierry Girard de la peña "El Campo" de Béziers - photos de Paco du site Toro bravo

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