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LO TAURE ROGE
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  • Défendre et promouvoir la Culture et l'Art Tauromachique en OCCITANIE - Pyrénées-Méditerranée et au-delà. «Vous aimez la corrida ? Sachez la défendre ! vous n’aimez pas la corrida ? Sachez la comprendre !» - Site animé par Hugues Bousquet
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25 juin 2021

LE MUSÉE TAURIN DE BÉZIERS « L’UNIVERS CULTUREL DE LA CORRIDA »

BANDEROLLELe Musée taurin de Béziers vient d'ouvrir à nouveau ses portes le 15 juin et ce jusqu’au 20 septembre. Situé rue Massol entre la place de l’hôtel de ville et la cathédrale dans un lieu splendide puisqu’il s’agit d’une ancienne chapelle d’un couvent dominicain évidemment aménagée, mais dont l’architecture religieuse est encore palpable. Comment rester insensible à ces peintures du plafond – au 1er étage – donnant aux habits de lumières un aspect sacré renforcé par la reconstitution d’une chapelle, semblable à celles existantes dans certaines arènes, où sur un prie-dieu repose l’habit du matador d’origine anglaise Henry Higgins « Cañadas » qui fût apodéré (apoderado = mandataire, fondé de pouvoir) par Brian Epstein l’homme qui découvrit en 1961 et managea un temps… « The Beatles « . Comme quoi !

C’est dans de vastes salles, dont une avec hauteur sous plafond de près de dix mètres, que vous pourrez admirer les collections du musée provenant des multiples acquisitions faites au fil du temps par l’Union Taurine Biterroise (UTB), enrichies de dons et dépôts d’aficionados, sans oublier ceux de la Ville de Béziers. La richesse et la diversité des collections s’expliquent par l’ancienneté de l’UTB, unificationon en 1968 des plus vieux clubs biterrois : la Société Tauromachique (créée en 1898 par Castelbon de Beauxhostes) et le Club Taurin Biterrois (1923).

Le Musée comporte trois parties. Tout d’abord deux salles pour des expositions temporaires. Actuellement jusqu’au 19 septembre « L’art taurin des Terres d’Oc » avec la participation de six artistes (5 peintres et un sculpteur) travaillant en Occitanie. Puis, ouvertes au public, les deux salles de l’Union taurine décorées par de nombreuses photos de matadors de toutes époques et d’affiches d’hier et d’aujourd’hui.

salle Goya

Au premier étage, le musée proprement dit. Là s’étale sous vos yeux la richesse et l’Histoire de la tauromachie, biterroise bien sûr, mais aussi nationale et espagnole. La salle Francisco Goya, aux murs pourpre – entourant le costume goyesque offert par le Maestro Biterrois Sébastien Castella – recèle les 40 eaux-fortes de la série « La tauromaquia », troisième édition réalisée à partir des originaux en 1876 à Paris par Loizelet. Un véritable trésor pictural permettant, tel un reportage, de voir la Corrida – du campo à l’arrastre – telle qu’elle fût pratiquée en Espagne à la fin du XVIIeme et au début XIXeme. Étrange histoire que cette série commencée par Goya vers 1815-1816 et terminée à Bordeaux en 1824 qui connue plusieurs éditions, certaines plaques de cuivre détruites par l’artiste, d’autres perdues, retrouvées, contestées, vendues au fil du temps puis retrouvée en France à Paris en 1920 et rendues à l’Espagne en 1921.

cape de Mazzantini 1898Les deux autres salles, dont l’immensité de la première permet une mise en valeur des collections, comportent de nombreux habits de lumières de Maestros. Examiner l’habit et la cape de paseo (défilé d’ouverture de la corrida) offert par l’élégant Don Luis Mazzantini, c’est constater le peu d’évolution du Traje de Luces tel que l’avait défini avec la montera (coiffe des torero) le Maestro Francisco Montes « Paquiro » en 1836 dans son Traité de la Tauromachie sur les règles de la corrida, fixant les bases et le déroulement de la corrida moderne.

Et puis, grâce à la photographie revoir des clichés des arènes biterroises en bois du terrain Palazy, entourées d’une série d’affichettes de la fin du XIXeme siècle, c’est plonger dans l’atmosphère d’une autre époque ; examiner de près ces carteles c’est lire les noms des plus renommés matadors : Lajartijillo, Pepe Hillo, Mazzantini, Gueritta, Revette, Bombita… face à des élevages célèbres et parfois disparus : de Veragua, Jarana, Alvarez Rodriguez, Marqués de Saltillo, Concha y Sierra, Miura… Et déjà le « sponsoring » avec au « cartel » l’élixir Kola Clément « boisson recommandée aux militaires, chasseurs, byciclistes et touristes » (sic).

Les espadas (épées) de Luis Miguel Dominguin, de Sanchez Frascuelo, du mexicain Luis Frey… la sienne tua-t-elle en 1922 le Miura « Perlito » dont la tête trône à coté ? Il y a de fortes chances. Espadas et cornes aux pitones effilés, symboles de la vie celle du Matador et de la mort, celle du Toro et parfois l’inverse, participent en ce lieu à l’atmosphère à la fois temporelle, intemporelle et historique… Le costume du picador Michel Bouix rappelle par les dorures de la chaquetilla (veste) et du chaleco (gilet) la position première tenue par les piqueros dans les spectacles taurins jusqu’aux années 1850.

Les nombreux tableaux – entre autres ceux de l’artiste Biterrois et chroniqueur taurin Jean de Label – disposés salle-fond-682x1024dans les différentes salles démontrent l’importance de la Tauromachie dans l’univers des peintres. Les traces de luces (habits de lumières) – dont les passementeries rappellent la mode chez les Bourbons au XVIIIeme siècle ou celle des maréchaux de Napoléon Bonaparte – des matadors Nimeño II, Sébastien Castella, Richard Millian, Francisco Paquiri,… accompagnées de photos et tableaux entourent un bloc central recouvert d’affiches géantes – 2m70 – que seule la hauteur du lieu pouvait mettre en valeur. Affiches majestueuses aux dessins et couleurs festives – éditées pour la plupart par la maison Ortega de Valencia ou moins anciennes par Laminograf de Barcelona – au graphisme réaliste, parfois précieux, ensoleillaient les murs des villes taurines d’Espagne et de France. Ces lithographies, éditées sans texte à des milliers d’exemplaires, permettaient aux organisateurs de corridas d’y faire imprimer, souvent localement, lieux, dates, composition des cartels, prix… ainsi la même composition picturale pouvait se retrouver sur les murs de Béziers, Nîmes, Séville, Madrid, Bilbao…

Beaucoup d’autres objets d’un présent proche et du passé attendent les visiteurs ; comment ne pas rester insensibles quelques instants face au buste de cire récupéré à Séville représentant le grand « Manolette » ou à une des muletas de « Dominguin ». Pour certains cela sera une découverte, pour les aficionados un retour sur souvenir. En sortant d’un tel lieu, une chose est certaine : la Corrida, tout ce qui la compose et que nous devons défendre, est l’osmose avec l’Art du visuel et du virtuel : dessin, sculpture, peinture, photographie, costume… En cela, la tauromachie est partie prenante de la Culture de notre pays.  

Hugues Bousquet (extrait paru dans la revue Toros)

salle 1er

Musée 7 rue Massol ouvert du 15 juin au 20 septembre (dernière journée du Patrimoine), du mardi au samedi, de 11h à 18h, sauf dimanche et lundi.(gratuit pour les habitants de l'agglomération Béziers-Méditerranée : pièce d'identité - justificatif de domicile).

Ouvert gratuitement le samedi 3 juillet jusqu’à 22 h 30 « Nuit européenne des musées » et durant la Feria de Béziers.

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